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La transmission de virus

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Le puceron n'est pas le petit insecte inoffensif qu'il paraît... puceron_aureole.jpg (26772 octets)

Il peut causer de nombreux dégâts, directs ou indirects comme la transmission de virus.

Les pucerons peuvent en effet transmettre des phytovirus aux plantes sur lesquelles ils se nourrissent (ils transmettent 60% des phytovirus connus à ce jour). Ils possèdent de nombreuses caractéristiques morphologiques et biologiques (notamment la structure de leurs pièces buccales, leur mode d'alimentation et leur potentiel de multiplication) qui en font de redoutables vecteurs de virus.

L'efficacité est liée également au comportement de recherche d'un hôte : un puceron en vol ne peut reconnaître à distance une plante sur laquelle il pourra s'alimenter et former une colonie ; il est simplement attiré par certaines couleurs ou le contraste des couleurs du feuillage et du sol. Lorsque le puceron atterrit sur une plante, il réalise des piqûres d'essai, superficielles et brèves, pour "goûter" la plante et voir si elle lui convient. Si oui, il s'immobilise, enfonce complètement ses stylets jusqu'au phloème et se nourrit longuement ; sinon, il repart à la recherche d'une autre plante. Il peut prélever un virus aussi bien pendant les piqûres d'essai que pendant les piqûres d'alimentation ; mais les virus et le mode de transmission sont spécifiques à un type de piqûre. (Lecocq, 1996)

C'est ainsi qu'on définit plusieurs types de transmission : non persistante, persistante et semi-persistante.

Le mode non persistant (ou mode de stylet) :

Les virus sont acquis ici pendant les piqûres d'essai, et il suffit au puceron d'une piqûre de quelques secondes à une minute pour acquérir le virus. Il peut alors le transmettre immédiatement à une autre plante (il n'y a pas de période de latence), mais il va rapidement perdre cette capacité, en général au bout de quelques dizaines de minutes à quelques heures. Ce mode permet la transmission de virus dits "non circulants", c'est-à-dire qu'ils n'entrent pas dans le puceron, les particules de virus restent sur les pièces buccales (stylets) ou dans le canal alimentaire.

Dans ce mode, il n'y a pas de grande spécificité : un puceron peut transmettre plusieurs virus différents et un virus donné peut être transmis par plusieurs espèces différentes. Par exemple, le Puceron vert du Pêcher (Myzus persicae), peut transmettre au moins 20 virus différents, dont le Virus 1 du Concombre, le Virus de la mosaïque de la laitue, qu'il peut transmettre à de nombreuses autres espèces (Melon, Courgette, Tomate, Aubergine, Poivron).

L'avantage de ce mode est que le puceron, lors de sa recherche d'une plante-hôte, se déplace rapidement d'une plante à une autre ; néanmoins, le puceron ne peut transmettre le virus qu'à une seule plante après l'acquisition. Pour pouvoir contaminer d'autres plantes il faut qu'il se "recharge" en virus.

(Astier & al., 2001, Lecocq, 1996)

Le mode persistant :

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Acquisition d'un virus circulant lors d'une piqûre d'alimentation dans le phloème

Ce mode permet la transmission de virus dits "circulants", c'est-à-dire qu'ils vont effectuer un transit dans le corps du puceron. Ils sont situés dans la sève élaborée de la plante (qui est transportée par le phloème), où ils se multiplient. Pour acquérir un virus, le puceron doit effectuer des piqûres d'alimentation profondes pour atteindre le phloème avec ses stylets, d'où un temps d'acquisition relativement long (de quelques dizaines de minutes à quelques heures). Le virus transite ensuite dans le corps du puceron, il passe du canal alimentaire à l'intestin, puis dans l'hémolymphe. Enfin il vient s'accumuler dans les glandes salivaires avant d'être inoculé à une autre plante lors d'une piqûre d'alimentation. Ce transit explique qu'il existe une période de latence (plusieurs heures à plusieurs jours) avant que le puceron soit virulifère (capable de transférer un virus).

Ce mode de transmission est beaucoup plus spécifique que le mode non persistant : une espèce de puceron transmet seulement une ou deux espèces de virus. Par exemple, on peut citer le Puceron de la digitale et de la pomme de terre (Aulacorthum solani) qui est un vecteur du Virus de l'enroulement de la pomme de terre et le Virus de la Mosaïque du Concombre, et le Puceron du merisier à grappe (Rhopalosiphum padi) qui transmet notamment la Jaunisse nanisante aux céréales.

 

L'avantage de ce type de transmission est que le puceron reste porteur d'un virus pendant plusieurs jours, voire pendant toute sa vie, même après une mue.

Certains virus particuliers (comme les Rhabdovirus) sont en plus "multipliants", c'est-à-dire qu'ils se multiplient dans le puceron en plus de transiter par lui ; le puceron reste alors virulifère toute sa vie.

(Astier & al., 2001, Lecocq, 1996)

Le mode semi-persistant :

C'est un mode intermédiaire entre les deux types précédents : il n'y a pas de période de latence pour l'acquisition du pouvoir virulifère, le virus ne semble pas transiter dans le puceron ; pourtant celui-ci reste porteur du virus pendant quelques jours et peut infecter plusieurs plantes à la fois.

La transmission peut sembler être "passive" de la part du puceron, pourtant des recherches s'orientent vers la possibilité d'interactions spécifiques entre le virus et le puceron.

Aurélie

Pour en savoir plus sur les pucerons vecteurs de virus, allez voir sur le site de l'INRA

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Références :