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Les métaux peuvent être naturellement présents dans le sol, s'il
existe un fond géochimique, comme c'est le cas dans les gisements miniers et à
proximité. Mais la présence de résidus métalliques dans le sol peut aussi être liée
à l'activité humaine. Les sources de contamination par l'homme sont diverses :
- apport de boues d'épuration
- apports d'engrais (notamment les engrais phosphatés), de produits phytosanitaires
divers, de lisiers, de composts urbains ou d'eaux résiduelles agro-industrielles
- rejets atmosphériques à proximité d'axes routiers ou de sites industriels anciens
- apports massifs lors d'accidents ponctuels
- transferts latéraux par ruissellement, en bordure des routes
Quand la présence des métaux est due à une contamination par
l'homme, ils s'accumulent le plus souvent en surface [Vogel et al. 1992]. En
effet, la part de ces métaux qui est exportée par les récoltes sur ces sols est
rarement supérieure à 1%. La quantité de métaux lessivés, elle, est le plus souvent
inférieure à 10%. Ce phénomène peut toutefois devenir non négligeable en cas
d'acidification importante du sol, ou si ce dernier comporte des fentes structurales.
L'accumulation des métaux dans le sol peut représenter jusqu'à 70% de la
quantité totale incorporée. Ceci peut gêner fortement le développement de végétaux
sur ces sols : on parle de phytotoxicité.
[ les résultats ci-dessus ont été obtenus sur des sols où les métaux venaient
d'apport de boues d'épuration urbaines, mesures réalisées par Juste et al.
1995 ].
La définition précise de la notion de risque de contamination pour l'homme est assez délicate. Tout d'abord il faut distinguer l'exposition au danger de ses conséquences : il faut d'une part rechercher la probabilité pour une population d'être en contact avec l'agent polluant, et d'autre part déterminer quels peuvent être les effets de ce contact. Ici les sources principales de contamination pour l'homme sont l'ingestion d'eau ou de particules de sol, l'inhalation de poussières, et l'ingestion de végétaux souillés ou ayant accumulé ces métaux.
Il est très difficile de définir des seuils et limites à ne pas dépasser. Par exemple une substance appliquée à des concentrations très élevée pendant un court laps de temps peut être mortelle pour l'organisme testé : on parle de toxicité aiguë. Une durée d'exposition courte peut aussi entraîner une toxicité chronique ou à long terme, si l'accumulation de polluants dans les tissus est mutagène. Par contre il se peut qu'un organisme exposé à la même quantité totale de polluant mais sur un temps très long ne développe pas les mêmes pathologies. D'autre part il n'existe pas de test standard pour tous les métaux. Il semble donc difficile d'établir des normes universelles, vu la quantité de paramètres à prendre en compte. Ainsi les seuils à ne pas dépasser ne sont pas seulement fonction de la quantité de métal présente dans le sol mais plutôt de leur mobilité et de leur biodisponibilité, qui dépendent elles-mêmes de nombreux paramètres...
Cette détermination des risques et de la dangerosité d'un site est pourtant indispensable avant d'envisager sa dépollution, et de telles questions seront de plus en plus incontournables à l'avenir, notamment à cause de la demande sociale croissante dans ce domaine.
Des normes sont donc en vigueur dans les différents pays, dont voici un aperçu.
Teneurs limites (mg/kg de sol sec) |
||
| Elément | France | Union Européenne |
| Cadmium | 2 | 3 |
| Chrome | 150 | 200 |
| Cuivre | 100 | 140 |
| Nickel | 50 | 75 |
| Plomb | 100 | 300 |
| Zinc | 300 | 300 |
Données issues de la thèse de Mr Seit SHALLARI, 1997, Disponibilité du Nickel du sol pour l'hyperaccumulateur Alyssum murale, Institut national polytechnique de Lorraine (INPL).
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